Faut-il imposer une assurance décennale à ses sous-traitants ? Bénéfices et risques
Dans le BTP, la responsabilité décennale n'est pas un détail administratif.
C'est une ligne de front.
Quand vous travaillez avec des sous-traitants, la question finit toujours par tomber :
Doivent-ils avoir leur propre assurance décennale ?
Spoiler : la loi ne les y oblige pas systématiquement.
Mais dans la vraie vie du chantier, la réponse est beaucoup plus stratégique que juridique.
On décrypte.
Ce que dit la loi (et ce qu'elle ne dit pas)
En droit strict, le sous-traitant n'est pas tenu de souscrire une assurance décennale au même titre que l'entreprise principale liée contractuellement au maître d'ouvrage.
La responsabilité décennale pèse avant tout sur le titulaire du marché.
En clair :
- C'est vous, entreprise principale, qui êtes engagé vis-à-vis du client final.
- C'est votre assurance qui est activée en cas de sinistre relevant de la décennale.
Donc juridiquement ?
Non, vous ne pouvez pas « imposer » au sens légal une décennale à votre sous-traitant.
Mais opérationnellement ?
C'est une autre histoire.
Pourquoi, dans la pratique, beaucoup l'exigent
Sur le terrain, de plus en plus d'entrepreneurs conditionnent la collaboration à la présentation d'une attestation d'assurance décennale valide.
Pourquoi ?
1. Pour éviter d'absorber seuls le risque
Si un désordre apparaît et qu'il est imputable au sous-traitant, votre assurance va intervenir… puis potentiellement se retourner contre lui.
Sauf que si le sous-traitant n'est pas assuré :
- Il n'a pas les reins financiers.
- Il peut être insolvable.
- Vous risquez d'absorber indirectement le coût.
Résultat : tension avec l'assureur, hausse de prime, voire franchise à votre charge.
2. Pour éviter de payer la franchise à la place du sous-traitant
Point souvent oublié.
Même si le sous-traitant est reconnu responsable, dans la pratique, c'est souvent l'entreprise principale qui avance la franchise.
Si le sous-traitant n'est pas couvert ou mal couvert :
- Vous payez.
- Vous tentez ensuite de récupérer.
- Bonne chance.
Exiger une assurance décennale, c'est aussi s'éviter des discussions longues et coûteuses.
3. Pour rassurer vos propres assureurs
Certains contrats d'assurance exigent que les intervenants soient eux-mêmes assurés.
En cas de sinistre majeur, l'assureur va analyser :
- Les qualifications.
- Les contrats de sous-traitance.
- Les attestations d'assurance.
Un maillon faible dans la chaîne peut fragiliser votre position.
Et pour le sous-traitant, quel intérêt ?
Beaucoup voient la décennale comme une charge.
En réalité, c'est un levier stratégique.
1. Gagner en crédibilité
Un sous-traitant assuré en décennale :
- Rassure l'entreprise principale.
- Inspire confiance.
- Montre qu'il structure son activité.
Sur certains marchés (rénovation globale, marchés publics, gros lots), l'absence d'assurance est rédhibitoire.
2. Accéder à des chantiers plus importants
De plus en plus d'acteurs filtrent leurs partenaires sur :
- Assurance décennale valide.
- Certifications.
- Solidité administrative.
Sans couverture, vous restez cantonné aux petits chantiers.
Avec couverture, vous montez en gamme.
3. Se protéger financièrement
Sans assurance décennale, en cas de désordre grave :
- La responsabilité peut être engagée pendant 10 ans.
- Les montants peuvent atteindre des dizaines voire centaines de milliers d'euros.
Et là, ce n'est plus une question de prime annuelle.
C'est une question de survie de l'entreprise.
Les risques concrets en cas d'absence d'assurance
Soyons clairs.
Un sinistre décennal peut impliquer :
- Reprise totale d'un ouvrage.
- Dépose d'équipements.
- Indemnisation du maître d'ouvrage.
- Frais d'expertise.
Sans assurance :
- Le sous-traitant paie sur fonds propres.
- L'entreprise principale est exposée.
- Les relations commerciales explosent.
Dans un secteur déjà sous pression (marges serrées, matériaux volatils, exigences réglementaires), c'est un risque que peu peuvent se permettre.
Imposer ou encadrer ?
Plutôt que "imposer", beaucoup d'entreprises choisissent d'encadrer contractuellement :
- Clause exigeant une attestation annuelle.
- Vérification des activités réellement couvertes.
- Contrat de sous-traitance détaillé.
- Alignement des qualifications techniques.
Ce n'est pas de la méfiance.
C'est de la gestion du risque.
Au fond, la vraie question n'est pas juridique
Elle est économique.
Vous voulez :
- Protéger votre responsabilité ?
- Maîtriser vos franchises ?
- Sécuriser votre image ?
- Éviter les contentieux ?
Alors la décennale du sous-traitant devient un outil de pilotage, pas une contrainte.
Structurer ses partenariats, c'est structurer son business
Dans un contexte où la rénovation énergétique se massifie, les projets deviennent plus techniques, plus réglementés et plus surveillés.
Assurance, qualification, conformité :
tout est interconnecté.
Et c'est là que la structuration en amont fait la différence.
Avant même de parler chantier, encore faut-il qualifier correctement les projets, cadrer les travaux, anticiper les scénarios et éviter les devis hasardeux.
C'est exactement la logique de kelvin.
Voir plus loin que l'assurance : fiabiliser le projet dès le départ
Avec kelvin, vous pouvez :
- Estimer à distance la performance énergétique d'un logement à partir d'une simple adresse.
- Générer des recommandations travaux chiffrées.
- Identifier le saut de DPE possible.
- Estimer les aides mobilisables (MPR, CEE).
- Structurer votre argumentaire avant le premier rendez-vous.
Moins d'imprécision.
Moins de devis approximatifs.
Moins de risques techniques.
Plus vous qualifiez en amont, plus vous sécurisez vos chantiers… et vos responsabilités.
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Parce que dans la rénovation, le vrai risque n'est pas seulement l'absence d'assurance.
C'est le manque d'anticipation.

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