Veille de mai 2026 : ce qu’il faut retenir pour la rénovation énergétique
RE2020 étendue au tertiaire : ce que ça change pour les pros du bâtiment
Depuis le 1er mai 2026, le décret de janvier 2026 est entré en vigueur. La RE2020, jusqu'ici réservée au résidentiel et à quelques bâtiments tertiaires, s'applique désormais à dix nouvelles typologies : hôtels, restaurants, commerces, crèches, aérogares, équipements sportifs, bâtiments de santé. C'est environ 70 % du parc tertiaire futur qui passe sous les exigences énergie + carbone de la réglementation.
Ce que ça signifie concrètement :
- Tout permis de construire déposé après le 1er mai sur ces typologies doit respecter les seuils RE2020
- Les maîtres d'ouvrage et bureaux d'études intègrent désormais les exigences carbone dès la conception
- Les bâtiments tertiaires mal classés vont générer une demande de rénovation croissante dans les prochaines années, à mesure que la pression réglementaire et économique s'accentue
Pour les artisans et entreprises qui opèrent sur des chantiers mixtes résidentiel/tertiaire, c'est une opportunité d'anticiper : le marché de la rénovation tertiaire va s'aligner progressivement sur les mêmes exigences que le résidentiel.
Source : Actu-Environnement — RE2020 étendue à dix nouvelles typologies tertiaires (mai 2026)
+15,4 % sur le prix du gaz : un argument terrain qui se renforce
La Commission de régulation de l'énergie a publié une hausse de 15,4 % du tarif repère du gaz au 1er mai 2026, liée aux tensions sur le marché international suite à la crise en Iran. Pour les ménages qui se chauffent au gaz, c'est +20 % sur le kWh chauffage. La facture annuelle grimpe de plusieurs centaines d'euros selon la surface et le profil de consommation.
Sur le terrain, cette hausse change la conversation avec les propriétaires hésitants. Quand le coût de ne rien faire devient visible sur la facture, le calcul économique du passage à une pompe à chaleur ou à une rénovation d'ampleur se fait en faveur de l'action. C'est le moment de sortir les chiffres : simuler l'économie annuelle projetée à partir de l'adresse et du DPE existant, et la mettre en regard du coût des travaux.
À noter : si les tensions géopolitiques persistent, une nouvelle hausse à l'automne est probable. Les propriétaires qui s'engagent maintenant évitent une deuxième mauvaise surprise sur la facture 2027.
Source : Service-Public — Hausse du tarif repère du gaz au 1er mai 2026
MaPrimeRénov' exclut le gaz dès septembre : ce que les pros doivent anticiper
C'était annoncé dans le plan d'électrification du 23 avril. C'est désormais acté : à partir du 1er septembre 2026, les rénovations d'ampleur qui conservent un chauffage au gaz en sortie de travaux ne seront plus éligibles à MaPrimeRénov'.
Deux autres changements importants entrent dans le même mouvement :
- Isolation murale et chaudières biomasse disparaissent du parcours MaPrimeRénov' par geste
- Les fédérations du bâtiment dénoncent cette succession de restrictions comme un facteur d'instabilité qui fragilise la confiance des clients et des artisans
Ce que ça change pour les professionnels :
- Les dossiers avec maintien du gaz en chauffage principal doivent être déposés avant le 1er septembre pour rester éligibles
- Les clients en rénovation d'ampleur devront obligatoirement basculer vers une PAC, une chaudière bois ou un réseau de chaleur pour toucher MPR
- Le conseil en amont de la visite terrain devient encore plus stratégique : un client mal orienté aujourd'hui perd des milliers d'euros d'aides en septembre
Pour rappel, notre veille d'avril 2026 avait déjà signalé cette évolution annoncée dans le plan d'électrification. Les délais se confirment.
Sources : Minoritaires / Journal du Geek — MaPrimeRénov', les changements de mai 2026
Passoires F/G : l'État veut les réautoriser à la location sous conditions
Pour répondre à la crise du logement, l'exécutif envisage d'autoriser la re-location de 700 000 biens classés F ou G, à condition que le propriétaire s'engage à rénover dans un délai de 3 à 5 ans. Ce projet n'a pas encore été traduit en texte législatif.
Les réactions sont partagées :
- Les associations de locataires dénoncent un recul environnemental et social
- Les propriétaires restent sceptiques face aux blocages réels : copropriétés difficiles à mobiliser, aides perçues comme insuffisantes ou instables
- Le collectif Rénovons réclame un mécanisme de vérification des engagements pour éviter que la mesure reste lettre morte
Pour les professionnels de la rénovation, ce scénario est à double lecture. D'un côté, il desserre la pression immédiate sur les propriétaires bailleurs et risque de décaler des décisions de travaux. De l'autre, il crée un stock potentiel de 700 000 propriétaires sous engagement de rénovation dans les 3 à 5 ans. Une base de prospects qualifiés à identifier et activer en avance de phase, avant que la concurrence se positionne.
Source : Boursorama — Le gouvernement veut permettre de relouer les passoires énergétiques
SNBC 3 : la PAC prioritaire sur la rénovation globale
La Stratégie nationale bas-carbone 3, dont la publication par décret est attendue ce printemps, confirme un choix politique assumé : massifier les pompes à chaleur dans des logements mal isolés plutôt que viser la rénovation d'ampleur complète. L'objectif de rénovations globales est abaissé à 250 000 par an d'ici 2030, contre 500 000 à 700 000 initialement envisagés.
Le collectif Rénovons et plusieurs acteurs du secteur qualifient cette orientation de renoncement majeur sur l'isolation. Leur argument : une PAC installée dans un logement passoire consomme bien plus d'électricité qu'une PAC dans un logement isolé, ce qui fragilise l'équilibre économique du projet et sa performance réelle.
Ce que ça signifie pour les professionnels :
- Les installateurs PAC ont le vent en poupe dans la stratégie de l'État. Le volume de projets accessibles augmente
- Les entreprises spécialisées en isolation globale vont devoir adapter leur discours : le soutien public se déplace vers le changement de système de chauffage
- La combinaison PAC + isolation reste le scénario optimal pour le client, même si l'État ne l'impose plus comme standard
Pour les Utilisateurs kelvin° qui travaillent sur des projets mixtes PAC + isolation, kelvin° calcule automatiquement les gains de classe DPE dans les deux scénarios, avec et sans isolation complémentaire. Un chiffre concret pour convaincre les clients d'aller plus loin que le minimum.
Source : Batiactu — SNBC 3 : la PAC prioritaire sur l'isolation (mai 2026)
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